Les derniers chiffres publiés sur les défaillances d’entreprises sont sans appel : nous avons franchi un cap. Après une année 2025 déjà historique avec 9 434 défaillances (contre 8 714 en 2024 soit une hausse de 8,5% des défaillances dans le secteur), 2026 confirme une réalité plus préoccupante encore — celle d’un niveau durablement anormalement élevé de faillites.
Les chiffres du premier trimestre 2026 sont en effet au niveau de 2025 avec plus de 2100 défaillances.
Il ne s’agit plus d’un simple contrecoup post-Covid. Il ne s’agit plus d’un rattrapage statistique. La crise s’est installée.
Depuis plusieurs mois, nous alertons : marges sous pression, explosion des coûts, difficultés de recrutement, remboursement des dettes Covid, ralentissement de la consommation. Et pourtant, les réponses des autorités publiques passent bien trop souvent à côté du problème, quand elles ne font pas, en réalité, qu’envenimer la situation.
Car dans le même temps, que propose-t-on ?
De pérenniser des dispositifs qui détournent la consommation hors des restaurants, c’est-à-dire d’affaiblir encore un peu plus l’équilibre économique de nos établissements.
La question des titres-restaurant est, à cet égard, emblématique. Présentée comme une mesure de pouvoir d’achat, leur extension à l’ensemble des produits alimentaires revient en réalité à organiser un transfert durable de chiffre d’affaires de la restauration vers la grande distribution. Près de deux milliards d’euros depuis la mise en œuvre de la mesure « dérogatoire » en octobre 2022.
Peut-on sérieusement, d’un côté, constater un niveau inédit de défaillances, et de l’autre, proposer de pérenniser un dispositif qui assèche directement l’activité des restaurateurs ? La réponse est non.
Il est temps de sortir de ces contradictions.
Si la crise est devenue structurelle, alors les réponses doivent l’être aussi. Et cela suppose un changement de cap clair : arrêter de sacrifier le secteur, et au contraire lui redonner des marges de manœuvre.
Catherine Quérard
Présidente