En 2025, 7 715 restaurants et 1 276 débits de boissons ont déposé le bilan. A ces chiffres historiques viennent s’ajouter ceux des radiations car dans les 36 746 radiations enregistrées par les greffes des tribunaux de commerce dans le secteur HCR, une majorité concernent des restaurateurs et des cafetiers qui ont décidés de cesser volontairement leur activité.
Cette crise des cafés, des restaurants, des bistrots est la conséquence d’une chute brutale des marges et d’un défaut dramatique de trésorerie. Depuis la crise covid, les charges d’exploitation n’ont cessé d’augmenter, qu’ils s’agissent des matières premières, de l’énergie, des loyers ou encore de salaires et des charges sociales. Dans le même temps, les entreprises du secteur sont confrontées à une baisse de leur activité conséquence d’un ralentissement évident de la consommation au détriment de l’épargne.
Face à cette situation, des solutions doivent être mises en œuvre. Le GHR y travaille et des mesures, les unes après les autres sont adoptées.
Ce mardi la Commission Mixte Paritaire réunissant sénateurs et députés a enfin adopté la loi de simplification. Plusieurs mesures portées par le GHR devraient y figurer, notamment celles relatives aux loyers :
- Création d’un droit à la mensualisation des loyers commerciaux,
- Limitation à 3 mois de loyers les garanties versées aux propriétaires,
- Obligation de restitution des sommes versées au-delà de ce montant dans les 6 mois,
- Meilleur encadrement contractuel des révisions de loyers.
Ces mesures permettront aux professionnels du secteur de l’hôtellerie-restauration de reconstituer rapidement une partie de leur trésorerie.
Mais ces mesures ne suffiront pas à elle seules à empêcher d’autres défaillances. D’autres mesures s’imposent, des mesures de fonds, comme la réforme du financement de la protection sociale. Sauf, que de telles mesures ne seront débattues avant les prochaines élections présidentielles.
Aussi, j’en appelle au gouvernement et aux parlementaires pour qu’ils prennent conscience de la crise que traverse le secteur et agissent en conséquence.
D’abord, en cessant d’imposer de nouvelles obligations aux restaurateurs. Je fais référence à la proposition de loi visant à sécuriser le travail le 1er mai qui propose aux restaurateurs de sécuriser l’ouverture de leurs établissements ledit jour à condition qu’ils obtiennent au préalable l’accord écrit de chaque salarié de ne pas vouloir chômer le 1er mai. Dans un contexte de pénurie structurelle de main-d’œuvre, cette condition expose des milliers d’établissements à une fermeture forcée le 1er mai, au détriment des salariés, des consommateurs et du tourisme.
Ensuite, en arrêtant de sacrifier la restauration au profit d’autres acteurs économiques. Je pense à la grande distribution qui continue de bénéficier du dévoiement des titres-restaurant, et au paracommercialisme qui pénalise les professionnels indépendants, mettant en danger l’équité et la compétitivité du secteur.
Oui, des mesures d’urgence et de fond s’imposent. Le GHR y travaille sans relâche car il refuse de rester spectateur de la disparition de milliers d’établissements qui font notre économie, animent notre tourisme et la vie de nos villes et villages.
Le travail continue.