L’arrêté du 22 mai 2026, publié au Journal officiel du 24 mai, porte le taux horaire du SMIC à 12,31 € à compter du 1er juin 2026, contre 12,02 € depuis le 1er janvier dernier, soit une augmentation de 2,41 %.
Dans la branche HCR, cette revalorisation rend désormais le nouveau SMIC supérieur à l’ensemble des échelons du niveau I et au premier échelon du niveau II de la grille conventionnelle actuellement en vigueur. Les employeurs concernés devront donc appliquer ce nouveau minimum légal. Mais l’impact le plus significatif concerne sans doute les apprentis, dont la rémunération progresse fortement. Pour les jeunes de 15 à 17 ans, l’augmentation atteint jusqu’à 149 € brut par mois en première année. Pour les apprentis majeurs, les revalorisations s’échelonnent entre 37 € et 168 € brut mensuels selon l’âge et l’année de formation.
Si notre organisation est attachée à la juste rémunération des jeunes en formation et à l’attractivité des métiers de l’hôtellerie-restauration, nous ne pouvons ignorer les conséquences économiques de ces hausses successives pour les entreprises. Nos établissements subissent déjà une accumulation de contraintes : augmentation des coûts de l’énergie, des matières premières, des assurances, des loyers ….., dans un contexte où la consommation demeure fragile et les marges sous tension.
L’apprentissage est aujourd’hui l’un des principaux outils de recrutement et de transmission des savoir-faire de notre profession. Pourtant, à force d’alourdir le coût de ces contrats sans compensation suffisante, le risque est de décourager certains employeurs, notamment les plus petites entreprises, de poursuivre leurs efforts de formation.
Face à cette nouvelle hausse du coût de l’apprentissage, notre organisation demande solennellement au Gouvernement :
- le maintien des aides à l’embauche d’apprentis en 2027, indispensables pour soutenir l’engagement des entreprises dans la formation des jeunes ;
- le maintien des exonérations de cotisations salariales, d’origine conventionnelle, calculées sur la base du SMIC, pour l’ensemble des apprentis ;
- la suppression du seuil de 50 % du SMIC introduit ces derniers mois, afin que les apprentis dont la rémunération est égale ou supérieure à ce niveau continuent de bénéficier pleinement de ces exonérations.
Soutenir l’apprentissage ne peut pas reposer uniquement sur les employeurs. Il appartient également aux pouvoirs publics de garantir un cadre économique stable et attractif permettant aux entreprises de continuer à former les professionnels dont notre secteur a besoin.
Catherine QUERARD
Présidente