L’arrêté du 22 mai 2026, publié au Journal officiel du 24 mai, porte le taux horaire du SMIC à 12,31 € à compter du 1er juin 2026, contre 12,02 € depuis le 1er janvier dernier, soit une augmentation de 2,41 %.
Dans la branche HCR, cette revalorisation conduit le nouveau SMIC à dépasser l’ensemble des échelons du niveau I ainsi que le premier échelon du niveau II de la grille conventionnelle actuellement en vigueur. Les employeurs concernés doivent donc appliquer ce nouveau minimum légal.
Cette hausse du SMIC entraîne également une revalorisation mécanique des rémunérations des apprentis. Toutefois, il est important de rappeler que les niveaux de rémunération pratiqués dans la branche HCR ne résultent pas uniquement des dispositions légales applicables à l’apprentissage.
Depuis plusieurs années, les partenaires sociaux de la branche ont fait le choix d’améliorer significativement les conditions de rémunération des apprentis afin de renforcer l’attractivité des métiers de l’hôtellerie et la restauration et de fidéliser les jeunes en formation.
Une première étape a été franchie en décembre 2022 (application de l’avenant 30 relatif aux classifications HCR) prenant davantage en compte la progression de l’apprenti dans son parcours. Alors que la majorité des branches professionnelles continuent de calculer les rémunérations des apprentis sur la base du premier niveau de leur grille conventionnelle ou des règles légales de droit commun, la branche HCR a décidé d’adosser les rémunérations aux trois premiers échelons du niveau I.
Cette démarche a été renforcée en août 2025 par une nouvelle revalorisation des pourcentages de rémunération applicables selon l’âge et l’année d’exécution du contrat.
Ces évolutions témoignent de l’engagement de la branche en faveur de l’attractivité des métiers et de l’apprentissage. Toutefois, lors de la négociation de l’avenant n°35 en 2025, le GHR avait déjà exprimé des réserves sur l’ampleur des revalorisations envisagées et sur leurs conséquences économiques pour les entreprises.
Sans remettre en cause l’objectif partagé d’améliorer l’attractivité des métiers et la rémunération des apprentis, notre organisation avait alors attiré l’attention des partenaires sociaux sur la nécessité de préserver un équilibre économique permettant aux entreprises de continuer à recruter et former des apprentis dans la durée. Cette analyse avait conduit le GHR à ne pas s’associer à la signature de cet avenant.
Les évolutions constatées aujourd’hui confirment l’importance de cette vigilance
Grâce aux améliorations conventionnelles mises en place depuis 2022, les apprentis de la branche HCR bénéficient désormais de rémunérations plus favorables que celles résultant du seul droit commun de l’apprentissage.
Ainsi, au 1er juin 2026, les écarts de rémunération entre un apprenti HCR et un apprenti rémunéré selon les seules dispositions légales atteignent jusqu’à 149 € brut par mois pour les apprentis de 15 à 17 ans et varient de 37 € à 168 € brut par mois pour les apprentis majeurs, selon leur âge et leur année de contrat.
Ces écarts ne sont donc pas la conséquence de la seule hausse du SMIC intervenue au 1er juin 2026. Ils traduisent avant tout les efforts consentis par la profession depuis plusieurs années pour valoriser l’apprentissage et attirer davantage de jeunes vers nos métiers.
Le GHR soutient pleinement cette politique. Notre organisation ne remet aucunement en cause les avancées obtenues pour les apprentis, qui constituent un levier essentiel pour répondre aux difficultés de recrutement et préparer les compétences dont nos entreprises auront besoin demain.
En revanche, nous souhaitons alerter sur la soutenabilité économique de ces dispositifs pour les entreprises. Les revalorisations conventionnelles successives, combinées aux hausses régulières du SMIC, conduisent aujourd’hui à une augmentation significative du coût de l’apprentissage dans un contexte déjà marqué par la hausse des coûts de l’énergie, des matières premières, des assurances, des loyers où la consommation demeure fragile et les marges restent sous tension.
Pour de nombreuses entreprises, notamment les TPE et PME qui constituent l’essentiel du tissu économique de notre secteur, le maintien d’une politique ambitieuse en faveur de l’apprentissage ne pourra être durablement assuré qu’à condition de préserver les dispositifs d’accompagnement existants.
C’est pourquoi le GHR demande au Gouvernement :
- le maintien des aides à l’embauche d’apprentis en 2027 ;
- le maintien des exonérations de cotisations salariales d’origine légale et conventionnelle pour l’ensemble des apprentis ;
- la suppression du seuil de 50 % du SMIC qui limite aujourd’hui le bénéfice de certaines exonérations ;
- une visibilité durable sur les dispositifs de soutien à l’apprentissage afin de permettre aux entreprises d’anticiper leurs recrutements et leurs investissements dans la formation.
Les entreprises HCR ont pris leur part en améliorant significativement la rémunération des apprentis afin de rendre nos métiers plus attractifs. Il appartient désormais aux pouvoirs publics de préserver les conditions qui permettront de poursuivre cet effort au bénéfice des jeunes, des entreprises et de l’emploi.
L’attractivité de l’apprentissage est une responsabilité partagée : les entreprises ont investi, l’État doit continuer à les accompagner.
Catherine QUERARD
Présidente