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Déclaration HOTREC-EFFAT : Des règles du jeu équitables dans l’hôtellerie et le tourisme comme fondement du logement abordable

HOTREC et EFFAT, partenaires sociaux européens du secteur des hôtels, restaurants, bars et cafés, saluent l’initiative de la Commission européenne visant à compléter le règlement existant et à proposer un nouvel acte législatif sur les locations de courte durée (STR), dans le cadre du Plan européen pour le logement abordable.

Ils soulignent que les déséquilibres réglementaires entre les locations de courte durée et les hébergements traditionnels sont devenus un facteur majeur de distorsion des marchés du logement dans de nombreuses villes.

Depuis 2014, HOTREC et EFFAT coopèrent dans le cadre du dialogue social sectoriel pour analyser l’impact de l’économie dite « collaborative » sur l’hôtellerie-restauration européenne, publiant plusieurs déclarations communes.

 

Constat principal

Les locations de courte durée connaissent une croissance rapide et constituent désormais une composante majeure de l’écosystème touristique.

Dans les zones déjà sous tension immobilière, leur expansion contribue :

  • à la réduction de l’offre locative de long terme,
  • à l’augmentation des loyers,
  • à la hausse des prix de vente.

Malgré leur professionnalisation croissante, les STR demeurent insuffisamment régulées et contrôlées comparativement aux hôtels, ce qui génère :

  • concurrence déloyale,
  • travail non déclaré,
  • risques en matière de sécurité,
  • pertes de recettes fiscales et fraude,
  • déséquilibres touristiques,
  • pression accrue sur les marchés locaux du logement.

Les travailleurs du secteur sont également impactés : la pénurie de logements accroît le coût de la vie et limite l’accès à un logement proche du lieu de travail. Les salariés aux horaires atypiques, saisonniers ou migrants – majoritaires dans le tourisme – sont particulièrement vulnérables.

 

Données citées

Une étude de 2025 sur Rome montre qu’une augmentation de 1 point de pourcentage de la part des annonces Airbnb dans un quartier correspond à une hausse d’environ 16,4 € par m² des prix affichés à la vente, avec des hausses similaires des loyers dans les zones fortement saturées.

Dans d’autres villes très touristiques :

  • À Málaga, les loyers ont augmenté de 66 % entre 2021 et 2025.
  • À Valencia, la hausse atteint 76 %, avec +80 à +90 % dans certains quartiers historiques.

Ces tendances illustrent le lien entre prolifération des STR et tensions accrues sur l’accessibilité au logement.

 

 

Position et demandes

HOTREC et EFFAT soutiennent le Plan européen pour le logement abordable et l’annonce d’un futur « Affordable Housing Act », qui reconnaît les distorsions de concurrence entre STR et hôtels.

Les hôtels sont déjà soumis à des obligations étendues :

  • droit du travail,
  • normes sociales,
  • sécurité,
  • fiscalité,
  • responsabilité,
  • enregistrement des clients,
  • protection du consommateur.

Ils demandent que le futur acte législatif :

  1. Garantisse une application uniforme du règlement STR existant dans tous les États membres.
  2. Surveille l’impact des STR dans les zones sous tension via des indicateurs harmonisés.
  3. Introduise des exigences comparables en matière de santé, sécurité et sûreté.
  4. Assure une concurrence loyale et lutte contre le dumping social (égalité de salaires, conditions de travail, protection sociale).
  5. Applique des obligations réglementaires de base à tous les hôtes, professionnels comme particuliers, selon la nature et l’ampleur de l’activité.
  6. Renforce les contrôles, l’accès aux données et la responsabilité des plateformes.

Objectifs :

  • protection des consommateurs,
  • respect des droits des travailleurs,
  • conditions de concurrence équitables.

 

En résumé :

HOTREC et EFFAT demandent un « level playing field » entre locations de courte durée et hôtellerie traditionnelle, estimant que l’absence d’alignement réglementaire alimente à la fois la crise du logement et la concurrence déloyale.

 

Ils soutiennent pleinement l’initiative européenne sur le logement abordable et souhaitent que le futur texte :

  • renforce l’arsenal réglementaire,
  • harmonise les obligations,
  • sécurise les droits sociaux,
  • responsabilise les plateformes.

 

La question des STR n’est plus seulement touristique : elle est devenue un enjeu de politique du logement, de justice sociale et d’équilibre du marché intérieur.

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