TOURISME & POLITIQUE : l’impact des tensions internationales sur les stations de montagne
Paris et Val d’Isère, le 20 avril 2026
Face à un monde instable, élus et professionnels appellent à renforcer la résilience du tourisme de montagne
À plus de 2 000 mètres d’altitude, dans le cadre de La Folie Douce à Val d’Isère, le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) a réuni près de 150 décideurs publics et privés à l’occasion de la 3ᵉ édition des Rencontres au Sommet les 7 et 8 avril 2026.
Pendant deux jours, hôteliers, restaurateurs, élus de la République, dirigeants de groupes touristiques, représentants de l’État et experts du secteur ont confronté leurs analyses autour d’un constat partagé : le tourisme de montagne est désormais directement exposé aux tensions géopolitiques internationales.
Une table ronde consacrée aux impacts directs des tensions internationales
La première table ronde, intitulée « Tourisme & Politique : l’impact des tensions internationales sur les stations de montagne », a mis en lumière un phénomène désormais structurel : la dépendance du tourisme de montagne aux crises géopolitiques et aux décisions diplomatiques.
Autour de la table, plusieurs experts et décideurs ont croisé leurs analyses :
- Noémie Nussbaumer, Conseillère Tourisme auprès du ministre chargé des PME et du Tourisme
- Gino Andreetta,, Directeur général de Club Med
- Vincent Jay, Directeur général de France Montagnes
- Marion Vernay, Directrice de la communication des Aéroports de Lyon St Exupéry
- Caroline Denat, Directrice de Megève tourisme
Des échanges marqués par un constat commun : une vulnérabilité immédiate aux crises.
Les intervenants ont rappelé que le tourisme est l’un des premiers secteurs impactés par les tensions internationales.
Plusieurs exemples ont été évoqués :
- Le Brexit, qui a modifié les conditions d’accès au territoire et affecté une clientèle britannique historiquement centrale dans les stations alpines ;
- La guerre en Ukraine, qui a entraîné la disparition quasi immédiate de clientèles russes et ukrainiennes à forte contribution économique dans le haut de gamme ;
- Les tensions au Moyen-Orient, déjà perceptibles sur les flux vers la France et sur les intentions de départ, avec des effets amplifiés sur la mobilité aérienne.
Les échanges ont également souligné que ces conflits ont des effets directs sur la mobilité internationale : certaines clientèles se trouvent contraintes de modifier leurs itinéraires en raison de la fermeture ou de la désorganisation de grands hubs aériens de correspondance, notamment dans la région du Golfe.
Dans le même temps, les tensions géopolitiques contribuent à une hausse des coûts de l’énergie, qui se répercute sur les compagnies aériennes. Celles-ci sont amenées à augmenter le prix des billets, voire, dans certains cas, à réduire ou supprimer des liaisons jugées non rentables. Autant de facteurs qui affectent directement la mobilité des touristes, y compris en montagne.
Tous ont souligné la même mécanique : une crise internationale se traduit immédiatement en baisse de réservations, parfois en quelques jours seulement.
Une question centrale : comment réduire la dépendance des stations aux chocs externes ?
Les échanges ont mis en évidence trois tensions majeures :
- Ouverture internationale vs souveraineté touristique ;
- Réactivité économique du secteur vs inertie des politiques publiques ;
- Attractivité des destinations vs perception de sécurité.
Il ressort des débats que la perception de sécurité joue désormais un rôle aussi déterminant que la réalité des situations, influençant directement les choix de réservation des clientèles internationales.
Les participants ont également rappelé que la France reste fortement dépendante des clientèles étrangères, particulièrement dans certaines stations de montagne où elles peuvent représenter une part déterminante de l’activité.
Un secteur devenu structurellement exposé
Au-delà des crises conjoncturelles, la table ronde a mis en évidence une réalité plus profonde : le tourisme n’est plus un secteur périphérique ou isolé, mais un secteur exposé, réactif et structurellement vulnérable aux déséquilibres mondiaux.
Cette fragilité est accentuée par trois facteurs :
- La dépendance aux politiques de visas et aux flux aériens ;
- La sensibilité aux perceptions internationales de stabilité et de sécurité ;
- La concentration de certaines clientèles sur des marchés géopolitiquement instables.
Le GHR appelle à renforcer la résilience des stations
En conclusion des échanges, Catherine Quérard, Présidente du GHR a rappelé que
« le tourisme ne peut plus être un secteur uniquement ouvert : il doit devenir un secteur sécurisé, anticipé et diversifié ».
Le GHR a souligné plusieurs priorités pour l’avenir des stations :
- Diversifier les clientèles et sécuriser les flux internationaux ;
- Intégrer pleinement le tourisme dans la stratégie économique et diplomatique de la France ;
- Renforcer la résilience des modèles économiques face aux chocs géopolitiques ;
- Réduire les dépendances excessives à certains marchés ;
- Mieux anticiper les crises internationales.
Une dynamique de travail prolongée dans les prochaines semaines
Le GHR poursuit ses publications dans la continuité des Rencontres au Sommet de Val d’Isère, qui confirment le rôle central du tourisme de montagne dans les équilibres économiques, territoriaux et internationaux.
La 4ᵉ édition des Rencontres au Sommet se tiendra les 19 et 20 avril 2027 à Val d’Isère.
Photos ©ghr.fr –

Photo 1 (G à D) : Gino Andreetta, ,Caroline Denat, Noémie Nussbaumer, Marion Vernay, Vincent Jay, Alexis Sbriglio, animateur-journaliste.
Photo 2 : : la salle