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Episode 4 | Les Rencontres au Sommet de Val d’Isère

SÉCURITÉ & FÊTE : une ligne de crête de plus en plus étroite

Préserver l’attractivité festive des stations tout en renforçant les exigences de sécurité : un équilibre sous tension

Paris et Val d’Isère, le 22 avril 2026

À plus de 2 000 mètres d’altitude, dans le cadre de La Folie Douce à Val d’Isère, le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) a réuni près de 150 décideurs publics et privés à l’occasion de la 3 édition des Rencontres au Sommet les 7 et 8 avril 2026.

Parmi les temps forts de ces Rencontres, une table ronde consacrée à la sécurité et à la fête en station a mis en lumière un enjeu central : préserver un pilier majeur de l’attractivité touristique tout en répondant à des exigences croissantes en matière de sécurité et de responsabilité.

Une table ronde au cœur de l’équilibre économique et social des stations

Intitulée « Sécurité & fête : une ligne de crête de plus en plus étroite », cette table ronde a réuni représentants de l’État, exploitants et professionnels du secteur autour d’une question clé : comment encadrer la fête sans dénaturer ce qui fait le succès des stations ?

Autour de la table :

  • Christelle Pla, Secrétaire générale de la sous-préfecture d’Albertville
  • Artur Reversade, Propriétaire exploitant de La Folie Douce
  • Thierry Wegmüller, Vice-président de Label Suisse et coordinateur du comité Label Nuit
  • Edouard Henzi, Président de la Belle Nuit (Crans Montana)
  • Sébastien Mérignargues, Directeur de la station de l’Alpe d’Huez
  • Simon Boisson, Président de la branche Discothèques et établissements de nuit du GHR

La fête, un pilier économique sous pression croissante

Les échanges ont rappelé que la fête fait pleinement partie de l’ADN des stations de montagne. Elle contribue à leur image, à leur attractivité et à leur dynamisme économique, notamment à travers l’après-ski et la vie nocturne.

Mais ce modèle est aujourd’hui soumis à des pressions croissantes :

  • Un renforcement des exigences sécuritaires, notamment dans les établissements de nuit ;
  • Une attente accrue des riverains en matière de tranquillité ;
  • Une augmentation du risque juridique pesant sur les exploitants ;

Tous ont souligné qu’un incident peut désormais avoir des conséquences immédiates, tant sur le plan médiatique qu’économique.

Une judiciarisation croissante de l’activité

Au cœur des débats, les professionnels ont exprimé un sentiment partagé : celui d’une responsabilité de plus en plus étendue, parfois au-delà de leur capacité réelle de contrôle.

La question de la responsabilité des exploitants face aux comportements individuels des clients a été largement discutée, dans un contexte de judiciarisation croissante de l’activité.

Les échanges ont également porté sur le rôle des autorités publiques et sur la nécessité de trouver un équilibre entre prévention et contrainte, afin d’éviter toute dérive vers une surrèglementation susceptible de fragiliser l’activité.

Une tension structurante entre attractivité et acceptabilité

La table ronde a fait émerger trois tensions majeures :

  • Liberté festive vs exigence sécuritaire ;
  • Attractivité économique vs acceptabilité sociale ;
  • Responsabilité individuelle vs responsabilité des exploitants. 

Une interrogation s’est imposée : peut-on encore faire la fête comme avant en station, et cette fête est-elle toujours acceptée localement ?

Pour les intervenants, la réponse passe par une évolution du modèle, intégrant davantage de professionnalisation, de prévention et de dialogue avec les territoires.

Christelle Pla, Secrétaire Générale de la Sous-Préfecture d’Albertville, a rappelé le cadre réglementaire actuel et l’absence de nouvelles contraintes immédiates, tout en soulignant les difficultés rencontrées cet hiver dans certains établissements non classés, notamment en matière de sorties de secours et de volumes sonores. La collaboration entre acteurs publics et privés, illustrée par les contrôles en Savoie, demeure primordiale.

Artur Reversade (La Folie Douce) a présenté un dispositif innovant de contrôle et de prévention en station, basé sur l’identification RFID des participants aux événements festifs, favorisant une coordination efficace avec la gendarmerie pour éviter les débordements.

Thierry Wegmuller (Crans-Montana) et Simon Boisson, Président de la branche Discothèques GHR ont insisté sur la nécessité de clarifier les normes entre bars, clubs et établissements ERP de type P, et de renforcer la formation obligatoire des équipes à la sécurité.

Sébastien Mérignargues, directeur de l’Alpe d’Huez, a témoigné du succès populaire des grands événements tout en rappelant l’importance d’un équilibre durable entre festivités, acceptabilité sociale et réglementations.

Vers une “fête encadrée” mais préservée 

Plusieurs pistes ont été évoquées pour concilier attractivité et responsabilité :

  • Renforcer la formation des équipes à la sécurité ;
  • Professionnaliser davantage l’encadrement des événements festifs ;
  • Clarifier les normes applicables selon les types d’établissements ;
  • Améliorer la coordination entre exploitants et autorités.

Des initiatives innovantes, par exemple suisses, ont également été mises en avant, notamment en matière de prévention et de gestion des flux, illustrant la capacité du secteur à s’adapter.

Le GHR appelle à un équilibre responsable

En conclusion, les échanges ont souligné un double risque :Ne pas assez encadrer, et exposer les exploitants et les clients ou trop encadrer, et fragiliser l’attractivité des stations

Le GHR défend une ligne claire : garantir la sécurité de tous les lieux de fête et de l’ensemble des clientèles, sans contraindre excessivement l’activité.

Cela suppose :

  • Une responsabilité partagée entre exploitants, pouvoirs publics et clients ;
  • Un cadre réglementaire lisible et adapté ;
  • Un dialogue renforcé entre tous les acteurs.

Une dynamique de travail engagée

Le GHR poursuit ses publications dans la continuité des Rencontres au Sommet de Val d’Isère, qui confirment le rôle central du tourisme de montagne dans les équilibres économiques, territoriaux et internationaux.

Ces travaux s’inscrivent dans la continuité des Rencontres au Sommet de Val d’Isère, qui confirment que la question humaine est désormais au cœur de la compétitivité du tourisme.

Ils visent à formuler des propositions concrète ayant pour objet de concilier sécurité, attractivité et viabilité économique des établissements festifs.

La 4 édition des Rencontres au Sommet se tiendra les 19 et 20 avril 2027 à Val d’Isère.

Photo 1 : (G à D) Artur Reversade (la folie douce), Christelle Pla, Secrétaire générale de la sous-préfecture d’Albertville, Edouard Henzi, Président de la Belle Nuit (Crans Montana), Thierry Wegmüller, Vice-président de Label Suisse et coordinateur du comité Label Nuit, Sébastien Mérignargues, Directeur de la station de l’Alpe d’Huez, Simon Boisson, Président de la branche Discothèques et établissements de nuit du GHR et Adjudant-Chef Gendarmerie de Val d’Isère 
Photo 2 : les animations spectacles à la Folie Douce – Val d’Isère

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